3- Les rapports scientifiques sur le choléra en Haïti

Par ordre chronologique, cette section fournit un résumé des principaux rapports publiés par des experts qui ont travaillé sur le choléra en Haïti.
 

2010

I - Identification de la bactérie par le CDC d'Atlanta

Le 1er novembre 2010, l’organisation américaine Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta révèle que d’après les analyses de laboratoire la souche de choléra en Haïti est très semblable aux souches que l’on trouve en Asie du Sud.

 

La première identification de la bactérie en Haïti donne : V. Cholerae serogroup 01, serotype Ogawa, biotype El Tor.

 

Lire le communiqué de presse  ou le rapport détaillé. (en anglais)

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II - Rapport du professeur Piarroux

Sur demande du gouvernement haïtien, la France a mandaté l'épidémiologiste Renaud Piarroux de se prononcer sur l'origine de l'épidémie du choléra en Haïti. C'est le premier rapport à dépasser les rumeurs et à faire le lien direct entre le choléra et le camp de la MINUSTAH à Mirebalais.  La mission d'évaluation s'est tenue du 7 au 27 novembre 2010.

«La mission d’investigation menée depuis trois semaines à révélé le caractère sévère et inhabituel de cette épidémie, dont l’origine importée ne fait aucun doute. Elle a démarré aux abords du camp de la MINUSTAH et a été propagée de manière explosive du fait de la contamination massive de l’eau de l’Artibonite et d’un de ses affluents par des matières fécales de patients atteints de choléra. »

 Lire l'intégralité du "Rapport de mission sur l’épidémie de choléra en Haïti" (en français).

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III - Rapport d'un groupe de 16 chercheurs, appelé groupe de Harvard

Un groupe de 15 chercheurs, dirigé par le Dr John Mekalanos de l'Université Harvard, confirme en décembre 2010 les résultats du CDC d'Atlanda sur les caractéristiques sud-asiatiques de la souche de la bactérie trouvée en Haïti. Dans le rapport publié par le New England Journal of Medicine, les chercheurs notent une très grande ressemblance entre les souches haïtiennes et les souches isolées au Bangladesh en 2002 et 2008. Le caractère importé de l'épidémie est confirmé. Par contre, les chercheurs n’ont pas approfondi leurs recherches par une comparaison directe avec la souche népalaise.

Donc, il n'existe rien sur l’origine de l’épidémie en Haïti dans ce rapport. Les mots MINUSTAH, Népal et ONU sont totalement absents du rapport, ce qui valu au groupe de Harvard des critiques acerbes du critique analyste, Dady Chery, dans
Axis of Logic.

Lire l'intégralité du rapport "The Origin of the Haitian Cholera Outbreak Strain" (en anglais).

 
2011
 
IV - Rapport commandité par l'ONU
 
En décembre 2010, l’ONU a commandé une étude d’un panel de quatre experts indépendants, Daniele Lantagne, G Balakrish Nair, Claudio F Lanata et Alejandro Cravioto, qui ont rendu leur rapport en mai 2011.
 
Voici les principaux résultats :
Les évidences montrent clairement que l’origine de l’épidémie du choléra en Haïti est la contamination de l’affluent Meye (Meille ou Meyè) du Fleuve Artibonite par une souche sud-asiatique importée par des humains (due à l’activité humaine).
 
La souche haïtienne est très similaire mais pas complètement identique aux souches sud-asiatiques du v. cholerae 01, incluant le Népal. On lit aussi que les souches isolées en Haïti correspondent parfaitement à celles isolées au Népal en 2009; que les séquences du génome des souches de 2010 du Népal sont en voie achèvement ou en voie d’être complétées (p. 27).
 
L’hypothèse d’une source unique de contamination est vérifiée, sans trop de précisions. Les conditions sanitaires du camp de la MINUSTAH de Mirebalais étaient déficientes, insuffisantes pour prévenir la contamination fécale de la rivière Meye où des milliers d’Haïtiens boivent, se lavent, font leur lessive et jouent.  
 
L’explosion de l’épidémie est favorisée par les faiblesses des infrastructures sanitaires et de distribution d’eau potable. L’épidémie est due à une convergence de circonstances et n’est pas le résultat d’un acte délibéré.
Nulle part, il est clairement admis que les soldats onusiens ont une quelconque responsabilité directe dans l'introduction du choléra en Haïti.  Les experts ont tout même présenté 7 recommandations à l'ONU dans le but de prévenir toute épidémie, contenir et éradiquer l'épidémie du choléra en Haïti.
 

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V - Second rapport du professeur Piarroux et collaborateurs

En juillet 2011, le professeur Renaud Piarroux en collaboration avec sept autres experts, récidive en identifiant les soldats onusiens népalais comme responsables de l'introduction du choléra en Haïti dans un rapport publié par le CDC d’Atlanta.

"Il existe une corrélation exacte dans le temps et dans l’espace entre l’arrivée du bataillon népalais, en provenance d’une région où sévissait une épidémie du choléra, et l’apparition des premiers cas du choléra à Meille (Meye) peu de temps après. Des empreintes génétiques de V. cholerae en Haïti et le génotypage confirment la thèse de l’introduction d’une source éloignée en une seule fois dans le pays.

L’isolement de la rivière Meille dans le centre du pays et l’absence d’autres facteurs rendent improbable toute possibilité que le choléra soit introduit en Haïti d’une autre façon."

Lire l'intégralité du rapport "Understanding the Cholera Epidemic, Haiti " (en anglais)

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VI - Rapport du professeur Aarestrup

Dans un rapport publié le 23 août 2011, sous la direction du professeur Frank Aarestrup, un groupe de chercheurs internationaux (danois et américains) a fourni la première comparaison scientifique des souches haïtiennes de Vibrio cholerae à celles népalaises de 2010 reçues d’un chercheur du Népal :

les souches népalaises et haïtiennes sont extrêmement similaires, identiques dans certains cas, fournissant la preuve formelle et définitive de l’origine népalaise de l’épidémie en Haïti.

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VII - Rapport de Jenson, Szabo and the Duke FHI Haiti

En novembre 2011, des chercheurs ont démontré que Haïti n'avait jamais enregistré de cas de choléra sur son territoire ni au 20e siècle ni au 19e siècle, infirmant certaines rumeurs qui laissaient croire que le choléra avait été déjà présent en Haïti. Après avoir étudié les registres épidémiologiques et commerciaux sur près de deux siècles, les chercheurs ont conclu à l'exception haïtienne : Haïti était protégée des épidémies de choléra qui ont ravagé les Antilles au cours des siècles passés.

La bactérie “Vibrio cholerae" est introduite récemment en Haïti, en 2010, par les soldats onusiens népalais. 

Lire l'intégralité du rapport "Cholera in Haiti and Other Caribbean Regions, 19th Century" (en anglais)

 

2012

 

VIII - Rapport de Frerichs, Keim, Barrais et Piarroux

Les professeurs Frerichs, Keim, Barrais et Piarroux, dans une étude publiée en mars 2012, ont révélé une erreur importante dans le rapport commandité par l'ONU.

Il est écrit dans le rapport de l’ONU :

" Une analyse minutieuse des résultats du MLVA et des gènes ctxB indique que les souches isolées en Haïti correspondent parfaitement aux souches isolées au Népal en 2009. "

Celui que les experts engagés par l’ONU citent comme source de cette information, le Dr Dong Wook Kim, a précisé dans une lettre au Dr Frerichs qu’il y a erreur dans le rapport de l’ONU :

"ce sont les souches népalaises de 2010 qui correspondent parfaitement aux souches haïtiennes."

Donc, une des conclusions majeures du rapport de L’ONU a été falsifiée. L’ONU avait la preuve scientifique formelle depuis mai 2011 que les souches de choléra au Népal en 2010 ont bel et bien été importées en Haïti par ses soldats népalais.

Lire l'intégralité du rapport " Nepalese origin of cholera epidemic in Haiti " (en anglais)

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IX- Mutation de la souche du Vibrio cholerae en Haïti

 

Le 4 mai 2012, le CDC d’Atlanta annonce une mutation dans la souche du choléra en Haïti, un phénomène courant lors d’une épidémie du choléra souvent dû à la résistance immunitaire de la population. Une autre souche de biotype El Tor, Inaba, a fait son apparition. Les deux souches, serotype Ogawa et serotype Inaba,  cohabitent et sont aussi virulentes.

 

Toute personne ayant été infectée par le serotype Ogawa, n'est pas immunisée et peut être ré-infectée par le serotype Inaba.

 

 Lire le rapport (en anglais)

 

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X - Revirement de l'un des experts auteurs du rapport de l'ONU

 
En octobre 2012, la Dre Daniele Lantagne, l'un des experts indépendants auteurs du rapport commandité par l’ONU, revient sur ses premières conclusions.
 
Dans une entrevue accordée au correspondant international de la BBC, Marc Doyle , elle reconnaît sans aucun doute que :
1- la souche haïtienne est une copie exacte de la souche népalaise ;
 
2- le lieu d’origine du choléra en Haïti le plus probable est le camp de la MINUSTAH qui a accueilli les soldats népalais à Mirebalais

Lire l'intégralité de l'article (en anglais)


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2013


XI - Explications des quatre experts auteurs du rapport de l'ONU

 
En mai 2013, les quatre experts indépendants recrutés par l'ONU fournissent des explications sur leur premier rapport publié deux ans auparavant pour le compte de l'ONU. 

Daniele Lantagne, G Balakrish Nair, Claudio F Lanata et Alejandro Cravioto dans un second rapport scientifique intitulé The Cholera Outbreak in Haiti: Where and how did it begin ?, admettent clairement que c'est le personnel du camp de la MINUSTAH  de Mirebalais qui est à l'origine de l'introduction du choléra en Haïti. Malheureusement, ce second rapport justificatif, dans lequel les auteurs défendent en partie leur précédente position, passe sous silence les principales critiques de falsification des données ayant servi à l'élaboration du premier rapport de mai 2011. On constate aussi une certaine diversion ou des errements  de la part de ces chercheurs aguerris, comme s'il s'agissait de retrouver exactement la personne ou les personnes, en l'occurrence les soldats népalais, qui ont sont à l'origine de la contamination de la rivière Meye. Il n'a jamais été question de rechercher la personne coupable (ou les personnes coupables), il ne s'agit pas de responsabilité individuelle d'une personne physique mais plutôt de responsabilité individuelle d'une personne morale, c'est-à-dire de l'institution qu'est l'ONU.



 
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