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LES TROIS ANS DU CHOLÉRA NÉPALAIS EN HAÏTI

publié le 2 nov. 2013 à 09:43 par Junia Barreau   [ mis à jour : 2 nov. 2013 à 09:44 ]
Manifestation à New-York
APPUI À LA MOBILISATION 
EN HAÏTI

New-York, le 14 octobre 2013 -  Le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra apporte son plein soutien à la mobilisation en faveur des victimes du choléra annoncée conjointement par l'association Défenseurs des opprimés, le Collectif pour le dédommagement des victimes et Mouvman moun viktim kolera (Mouvement des personnes victimes du choléra) du 15 au 19 octobre en Haïti. M. Jose Davilmar, Dr Jean Ford Figaro et Me Olicier Pieriche représenteront le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra à différentes activités planifiées dans le cadre de la mobilisation en Haïti.

14 octobre 2010 - 14 octobre 2013, exactement trois ans depuis la découverte du premier patient,  ce jeune Haïtien de vingt ans,  présentant les symptômes du choléra au village de Meille, non loin de Mirebalais. On oublie souvent que les victimes du choléra ont un nom, une famille, des enfants, des parents.  Monsieur Louisac Théolème a perdu  son fils qui représentait « tout son espoir ».  Mme Félicia Paule a survécu  au choléra par contre sa soeur, son frère et son neveu en sont tous morts.  Mme Lisette Paul, une autre rescapée, a vu sa fille de 18 mois, son frère et son père mourir du choléra, incinérés dans des conditions inacceptables. Le choléra a laissé dans son sillage des milliers d'orphelins, de veufs et de veuves;  des victimes stigmatisées, rejetées par leur entourage et qui doivent se débrouiller seules sans ressources. C'est l'histoire de cette mère atteinte du choléra, Louise, abandonnée par son conjoint et son entourage, qui s'est retrouvée isolée, sans ressources, mais doit quand même subvenir aux besoins de ses neuf enfants. Il nous faudrait plusieurs tomes pour tenter de raconter l'indicible, la mort horrible des 8 500 disparus et essayer de comprendre l'intense désarroi de leurs proches; la désolation qu'a semée dans la classe paysanne cette peste cholérique;  la détresse des 700 000 Haïtiens qui ont été infectés par la bactérie népalaise, certains vivent avec la honte du choléra. 

Seule l'union de toutes nos voix permettra d'obtenir justice et réparation en faveur des victimes du choléra. Seule la mobilisation générale pacifique poussera le gouvernement haïtien à assumer ses propres responsabilités et créer la Commission permanente des réclamations tel que stipulé dans l'Accord entre l'Organisation des Nations Unies et le gouvernement haïtien concernant le statut de l'opération des Nations Unies en Haïti, signé le 09 juillet 2004.

 Extrait du point 55 sur les règlements des différends (VIII) :   " 55. Sauf disposition contraire du paragraphe 57, une commission permanente des réclamations créée à cet effet statue sur tout différend ou toute réclamation relevant du droit privé [...].  Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies et le Gouvernement nomment chacun un membre de la commission; [...] Les sentences de la commission ne sont pas susceptibles d'appel. [...] le Représentant spécial ou le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies n'épargne aucun effort pour en assurer l'exécution. "

Le 26 septembre 2013, lors de son intervention à l'Assemblée générale des Nations Unies, le Premier Ministre Laurent Lamothe a opté pour la création d'une "commission mixte" composée de membres du gouvernement haïtien et de l'ONU avec pour objectif de : "étudier ensemble les voies et moyens pour solutionner définitivement cette question". Cette question comme l'appelle le Premier Ministre Lamothe étant le choléra. Dans un communiqué de presse du 11 octobre 2013, la Primature nous informe que pour la partie haïtienne " Les institutions suivantes seront représentées à la commission : le ministère de la santé ; le ministère des Affaires étrangères ; la Primature et la Dinepa."       

Le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra en profite pour rappeler que cette "commission mixte" proposée par le gouvernement haïtien est non-conforme aux mécanismes de règlement des différents prévus dans l'Accord sur le statut de la Minustah qui : d'une part, indique clairement que le gouvernement haïtien et le Secrétaire général de l'ONU n'ont droit chacun qu'à un représentant dans une Commission permanente des réclamations; et, d'autre part, ne limite pas la composition de ladite commission aux deux représentants officiels haïtien et onusien.  Toute autre commission créée en dehors des normes établies ne sert pas les intérêts du peuple haïtien ni ceux des victimes du choléra.  Outre le représentant du gouvernement haïtien et celui de l'ONU, le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra insiste sur l'obligation d'inclure dans cette Commission permanente des réclamations des représentants de la société civile haïtienne et des victimes du choléra.

Trois ans après l'introduction du choléra par les contingents népalais de la Minustah en Haïti, il est grand temps que l'Organisation des Nations Unies assume ses responsabilités en traitant les victimes du choléra en Haïti avec respect; en dédommageant les victimes et familles des victimes; en présentant ses excuses au peuple haïtien pour s'être longtemps cachée derrière le mensonge de l'immunité et bafouer ainsi les droits des victimes; en investissant dans les infrastructures adéquates afin de neutraliser et éradiquer le choléra du territoire haïtien.

 

Le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra  est un groupe apolitique, à but non lucratif, ouvert et inclusif. Il est formé d'associations, de groupes politiques, de citoyens et de citoyennes indépendants conscients de la nécessité de soutenir le difficile et long combat pour la justice des victimes du choléra en Haïti. 

Pour  plus de renseignements, prière de nous contacter à  :  haiticholerajustice@gmail.com

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