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Le plan d’éradication de l’épidémie du choléra : une impasse

publié le 25 juil. 2013 à 11:05 par Junia Barreau   [ mis à jour : 29 juil. 2013 à 18:47 ]
Port-au-Prince, Haïti, 24 juillet 2013 – À cause du manque de financement pour un plan visant l’éradication du choléra 
La bactérie se transmet principalement par les aliments, l’eau et les matières fécales contaminées. L’un des aspects essentiels du « Plan d’élimination du choléra en Haïti », avec un budget de 2.2 milliards $US, est le financement pour des systèmes d’assainissement au niveau national.

La majorité des Haïtiens – à peu près 8 millions d’individus – n’ont pas accès à un système sanitaire hygiénique. Ils défèquent en plein air, sur les terrains vides, dans les ravines et aux abords des rivières. La région de la capitale produit plus de 900 tonnes d'excréments humains chaque jour, selon UNOPS (United Nations Office for Project Services).

« Haïti est le seul pays dans le monde entier dont la couverture d'assainissement chute pendant la dernière décennie », d'après Dr. Rishi Rattan, un membre de Physicians for Haiti (Médecins pour Haïti), une association de médecins et d’autres professionnels de santé basés principalement à Boston et qui travaillent de concert avec Zanmi Lasante et autres institutions en Haïti.

« Avant le tremblement de terre et l’épidémie de choléra, la diarrhée était la cause des décès, en particulier, des enfants de moins de cinq ans, et la deuxième cause des décès globalement. Étant donné que le choléra est une bactérie transportée par l'eau, et due au manque d’accès à l’eau potable, il est fort probable que celui-ci devienne endémique s’il n’y a pas un financement intégral des entités telles l’ONU pour le plan d’éradication de l’épidémie », remarque le docteur Rattan dans un courriel à Ayiti Kale Je (AKJ).

A l’arrivée du choléra en octobre 2010, par l’intermédiaire d’un soldat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), l’épidémie s’est répandue rapidement. A date, plus de 600,000 individus sont déjà infectés et au moins 8,190 autres ont trouvé la mort, d’après un rapport du gouvernement daté du 21 juillet 2013. Près de 3000 personnes sont infectées chaque mois.

Dans les provinces, le taux de mortalité est encore à la hausse. Plus de 4 pour cent des personnes infectées meurent à cause d’une déficience des centres de traitement de choléra aujourd’hui. Si en janvier 2011 le pays disposait de 285 centres, en 2013, ils ne sont que 28 parce qu’il y a un manque de financement et la majorité des acteurs qui opéraient dans le secteur se sont retirés.

Pire ? L’un des deux grands centres de traitement d’excrétas post-séisme est aujourd’hui fermé.



ENQUÊTE RÉALISÉE PAR  AYITI KALE JE 
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